
{"id":2821,"date":"2021-09-06T14:16:55","date_gmt":"2021-09-06T14:16:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.pierredenan.com\/?p=2821"},"modified":"2022-05-29T08:39:53","modified_gmt":"2022-05-29T08:39:53","slug":"leternite-avec-des-chips","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pierredenan.com\/?p=2821","title":{"rendered":"Erotik R\u00e9sistance<br>Textes 2021-2022"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Erotik R\u00e9sistance<\/em> est un ensemble de textes \u2014 dont certains sont publi\u00e9s dans la revue de cr\u00e9ation Cockpit \u2014 qui feront l\u2019objet de lectures musicales (dur\u00e9e une heure), avec Laurent Friquet \u00e0 la guitare. Ces textes font partie d\u2019un recueil qui sera intitul\u00e9 <em>L\u2019\u00c9ternit\u00e9 avec des chips<\/em> (prose po\u00e9tique, work in progress). Voir <a href=\"https:\/\/www.pierredenan.com\/?p=2268\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">pierredenan.com\/revue-cockpit<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/youtube.com\/playlist?list=PLlDtjOnUusk-DYP9l7i3g94jAyyxecDWX\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><br><strong>EROTIK R\u00c9SISTANCE<\/strong>&nbsp;Lecture musicale 1 heure<\/h1>\n\n\n\n<p>Mouvement initi\u00e9 par la voix. Voix qui semble sur le point de s\u2019\u00e9teindre, s\u2019\u00e9teint, se fait entendre. Voix devient voix d\u00e9clare la parole impossible. \u00catre \u00e9tat chose \u00e9trange, ce que j\u2019avais \u00e9crit. La visite d\u2019un chantier, dans l\u2019ordre du langage. Rapports privil\u00e9gi\u00e9s avec l\u2019accident et le chaos, trajectoire dynamique. M\u00e9canismes de survie en milieu hostile, chaque phrase est une destination. Lecture. Dispositif sc\u00e9nique, geste qui met en acte. Le corps verbal, je demeure immobile. Exp\u00e9rience indicible, articul\u00e9e comme une syntaxe. Difficult\u00e9 \u00e0 prononcer un mot, arriv\u00e9 sur le mot. Mot d\u00e9truit par la bouche. Dans la bouche, un micro \u00e0 la main. Flux tumultueux, \u00e9nergie syncop\u00e9e du r\u00e9cit. Musique. Boucles sonores, une guitare \u00e9lectrique. D\u00e9versement de d\u00e9cibels, \u00e7a vrille dans les aigus. Dissonance et it\u00e9ration, toute puissance des larsens. Notes d\u00e9grad\u00e9es, la nature du p\u00e9ril. Puissances du faux, la distance id\u00e9ale. Quelque chose arrive qui \u00e9tait&nbsp;d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Ce qui restait \u00e0 dire, et qui est&nbsp;en avant. La prose ici, comme une fuite en avant.&nbsp;Ce matin je me suis lev\u00e9, et c\u2019est une \u00e9pigraphe. Faire na\u00eetre en soi, la tension vers la forme. Maintenant \u00e9coute. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>SYNTAXE ET LATEX<\/strong>\u00a0Pr\u00e9sent qui s\u2019\u00e9ternise, Ava Gardner fait du shopping. Son smartphone dans une main, elle dit putain j\u2019ai plus de batterie. N\u00e9vroses consum\u00e9ristes et elle ach\u00e8te un jean. Un masque Jean-Paul Gaultier, une robe tiss\u00e9e avec des cha\u00eenes. Jour blanc. De la musique avant toute chose, l\u2019art po\u00e9tique c\u2019est du Verlaine. Op\u00e9ra sous acide, j\u2019erre en Prada dans les parkings. D\u00e9saffect\u00e9s. Je fais des pipes dans les \u00e9meutes, je lis du Goethe je vote Modem. N\u00e9ant nass\u00e9 la t\u00eate au ventre, je mords ma langue chez H&amp;M. Le ciel d\u2019un gris livide, et une ma\u00eetresse en porte-jarretelles. Donne des coups de pied \u00e0 son soumis, qui rampe sur la moquette. Comment elle le fouette ce fils de pute. Un sociopathe en salle de shoot, c\u2019est\u00a0<em>No limit<\/em>\u00a0chez Marc Dorcel. Satan l\u2019\u0153il de c\u00f4t\u00e9, je veux niquer dans du sang. Pratiques r\u00e9cr\u00e9atives, des filles dans le jacuzzi. Et toi tu danses au bout d\u2019une laisse. L\u2019absurdit\u00e9 acquise comme une \u00e9vidence, y\u2019a Dieu l\u00e0-haut qui pointe la Terre\u00a0: p\u00e9nitence, p\u00e9nitence, p\u00e9nitence. Plaisir formel, clart\u00e9 glaciale. Le syndrome de Stendhal,\u00a0<em>Les Trois Bougies de Marc Chargall<\/em>. Le chien de Pierre Huyghe \u00e0 la patte rose, l\u00e9vrier blanc qui passe. Une v\u00e9rit\u00e9 qui se d\u00e9place, \u00e9crit Vila-Matas. Ce qui s\u2019expose corps dans l\u2019espace,\u00a0<em>Esp\u00e8ces d\u2019espaces<\/em>. Psychose. Pens\u00e9es flottantes, jusqu\u2019\u00e0 demain. Les t\u00eates de mort de Murakami sur les murs de la galerie Perrotin, une assistante qui fait une crise. D\u2019\u00e9pilepsie. Le chien gardien des Enfers, je pouvais voir son ombre. Viens mon ange n\u2019aie pas peur, entre ici dans mon Paradis. (Texte publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 9 de la revue Cockpit, f\u00e9vrier 2021) <\/p>\n\n\n\n<p><strong>PLUS-QUE-PARFAIT (DE L\u2019INDICATIF)<\/strong>&nbsp;Toute volont\u00e9 de fixation, un plan plong\u00e9 de Gaspard No\u00e9. Vortex. Fin de vie. Vieillards s\u00e9niles c\u2019est Alzheimer,&nbsp;<em>La vie est belle<\/em>&nbsp;spasmes mortels. Chant de l\u2019enfance. Effet de sens, continuit\u00e9 formelle. Podium. Un mannequin qui avance, s\u2019arr\u00eate devant les photographes. Mode sombre et n\u00e9o-punk, la silhouette culte de la Converse. Revue par Rick Owens. Zone blanche. Un h\u00e9ritage, de rares dialogues. Un fils de pute qui transporte partout avec lui le cadavre de son p\u00e8re dans un cercueil en ch\u00eane et \u00e7a lui casse le dos. Viande froide. Ordre absolu et c\u0153urs glac\u00e9s, un vaste choix de vibromasseurs. Et le service des urgences, \u00e0 la Piti\u00e9 Salp\u00eatri\u00e8re. Combats. Le lobbie d\u2019un h\u00f4tel, une r\u00e9union virtuelle. Villes nues et \u00e0 distance, bient\u00f4t une nuit nouvelle. Cosmos. Proxima du centaure, toutes sortes d\u2019acrobaties. Naine rouge. Tu fais quoi, aujourd\u2019hui&nbsp;? Je d\u00e9fonce ma thune dans les boutiques, et je me branle en Martinique. Asphyxie \u00e9rotique, je suis pendu \u00e0 une poign\u00e9e. De porte. \u00c9lectro sombre et obs\u00e9dante, Hom\u00e8re se fait sucer par une escorte. Tout un lexique course d\u2019Achille, ses sneakers Dior un vaste chant. Paris est sous acide, et l\u2019air que tu respires. Particules fines, un Booster Shot. De la coke coup\u00e9e au fentanyl, champ de vision p\u00e9riph\u00e9rique. Opio\u00efde synth\u00e9tique, explorations urbaines. Couture nomade, des bouteilles de champagne. Des manteaux militaires, des robes-bustier sado-maso. Smokings-tuniques et des sosies, d\u2019\u00c9douard aux mains d\u2019argent. Demain. Une&nbsp;<em>Th\u00e9orie de l\u2019acquisition<\/em>&nbsp;des biens, l\u2019\u00e9ternit\u00e9 si tu as faim. Un mec qui grimpe \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de Jacob,&nbsp;<em>le trou laiss\u00e9 au ciel<\/em>. Le sens de la r\u00e9volte, j\u2019ai un bon plan pour me faire chier. Stendhal,&nbsp;en \u00e9crivant&nbsp;<em>La Chartreuse<\/em>&nbsp;et pour prendre le ton, lit&nbsp;chaque matin deux ou trois pages du Code civil. La dur\u00e9e de chaque danse, le sillage post-moderne. Des points de croissance, la pr\u00e9sence d\u2019un vigile. La mont\u00e9e en puissance d\u2019une folie sanguinaire et schizo\u00efde mais qui, dans une certaine mesure, reste contenue et cadr\u00e9e. Chaque heure, plus tard, combien de temps encore&nbsp;? Bois ton sang rouge encore, \u00e9pitaphe \u00e0 pr\u00e9sent. Oublier, faire silence \u2014&nbsp;C\u00e9zanne, mais aussi Bob Morris. Applaudissons la lune montante, le vent l\u00e9ger qui souffle sur la phrase. J\u2019avais \u00e9t\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA CASSE ET LA LETTRE<\/strong>&nbsp;Un corps fasciste, un homme quelconque. Vachement bien lanc\u00e9 dans des circonstances \u00e9ternelles, s\u00e9rieux comme un mythe fondateur, raide comme une sentinelle. Qui se suspend par les pieds \u00e0 des barres de traction. L\u00e9zards s\u00e9ch\u00e9s en pendentif, charg\u00e9 au Captagon. Totalitaire. Un squelette qui porte le maillot des Gunners, crispe les doigts sur son f\u00e9mur. Des enqu\u00eateurs qui \u00e9pluchent des rapports balistiques, des cr\u00e2nes de mammouths accroch\u00e9s sur les murs. C\u00e9r\u00e9monies secr\u00e8tes, strat\u00e9gies de pouvoir, forces barbares, jungle au carr\u00e9. Herm\u00e8s. Des mecs qui soudent des mitrailleuses sur des pick-ups, un gourou du capitalisme avanc\u00e9 pris d\u2019une sorte de transe. Un psychopathe qui refait son make-up et l\u2019angoisse du vigile, devant le supermarch\u00e9. Temps autrefois v\u00e9cus, quelques faussaires dealers de sacs. Vuitton. Des statues de vendeurs de Kebab, les grandes toiles \u00e0 paillettes de Robert Malaval. Un raccord maquillage, mon exemplaire de&nbsp;<em>Rose Poussi\u00e8re<\/em>. \u00c9cho lointain d\u2019une vague d\u2019\u00e9meutes, bagnoles cram\u00e9es dans les cit\u00e9s, belles comme de l\u2019art&nbsp;<em>contemporain<\/em>. Mythologie de la France, un \u00e9pisode de&nbsp;<em>Walking Dead<\/em>. Un plan s\u00e9quence, une vanit\u00e9. Les anges rebelles en Premier League, le pr\u00e9nom du Messi c\u2019est Lionel. Contr\u00f4le de balle gilets pare-balles, chambre Deluxe h\u00f4tel Meurice. Mart\u00e8lement des tambours, les flammes qui dansent. Une pluie d\u2019\u00e9toiles, la vie future. La nuit est bleue comme un Matisse. (Texte publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 8 de la revue Cockpit, janvier 2021)&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>QUANT AUX MOTS SUPPOSEZ<\/strong>&nbsp;Covid-19 \u00e0 la Sant\u00e9, je mate BFM chez Mallarm\u00e9. Pulsions brutales, obsc\u00e9nit\u00e9s hyperboliques. Mangeurs d\u2019\u00e9toiles r\u00e9anim\u00e9s, draps aux barreaux qui s\u00e8chent. Un mec qui taille un silex, jamais sorti de la grotte Chauvet. Pizzas livr\u00e9es dans des cartons, d\u00e9sinfect\u00e9s. Lumi\u00e8re blanche et sur le pr\u00e9sent, surexpos\u00e9. Tension hyperr\u00e9elle, flagellations d\u2019orties. John Galliano qui regarde ses chiens et qui se dit tiens, je vais faire un masque FFP2 en fausse fourrure pour Maison Margiela. Blanc. Il \u00e9crit des po\u00e8mes sur les ordonnances d\u00e9livr\u00e9es par son m\u00e9decin traitant, m\u00e9dicaments les vers m\u00eal\u00e9s. L\u2019avis de l\u2019expert, au c\u0153ur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Guerriers sous Lexomil, r\u00e9volutions c\u00e9lestes.&nbsp;<em>Le Spectateur \u00e9mancip\u00e9<\/em>, des d\u00e9lires de mythos. Les \u0153uvres de Satan, Botticelli dans un taxi. Il l\u00e8ve les yeux sur un nuage, gorg\u00e9 de sang. Mouvement ascensionnel de la composition, crise du logement au purgatoire. Les \u00e2ges futurs et l\u2019expos\u00e9 des faits. Quelqu\u2019un a quelque chose \u00e0 dire,&nbsp;<em>ce que parler veut dire<\/em>. Des perspectives critiques, et la sant\u00e9 publique. Vaccin exp\u00e9rimental ciblant le SARS-CoV-2, et des mesures d\u2019hygi\u00e8ne. Actes \u00e9nonciatifs, attestation de d\u00e9placement. D\u00e9rogatoire. Un semi-remorque \u00e0 plateforme avec des putes dessus, Saint Augustin avec un plug dans le cul, tenu en laisse par une drag-queen. Des raviolis farcis \u00e0 la viande de poussin, et l\u2019\u00e9lan vers la chute. \u00c9puisement de soi, la fiction collective. Des Kleenex usag\u00e9s, des ordures psychopathes. D\u00e9sert sans fin, quel Dieu sers-tu&nbsp;? Duels \u00e9piques de l\u2019Iliade, une s\u00e9ance de bondage. Les militants de la pulsion de mort s\u2019agitent, pathologique. Les m\u00e9gapoles illumin\u00e9es et le fracas des armes, un consortium allemand qui ach\u00e8te l\u2019Acropole. Les notices rouges c\u2019est Interpol. Tra\u00een\u00e9es de condensation dans le ciel serein, effondrement \u00e9conomique. La solitude et le confinement. L\u2019appartement c\u2019est politique, le teint livide et t\u2019es bais\u00e9. Tu respires t\u2019es bais\u00e9. La peur tu es bais\u00e9. Victime promise au sacrifice, avec une sonde dans la trach\u00e9e. Et l\u2019\u00e9vidence que ce v\u00e9cu. Magie de la rime et l\u2019aile de l\u2019ange, temps dispers\u00e9 brut de langage. Voie de la science et la menace, conjuration et chloroquine. Les costumes sombres des porteurs de cercueils, bord\u00e9s d\u2019ab\u00eeme. L\u2019Enfer de Dante en DVD, Macron vomit \u00e0 L\u2019\u00c9lys\u00e9e. (Texte publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 7 de la revue Cockpit, d\u00e9cembre 2020) <\/p>\n\n\n\n<p><strong>NI EN VERS NI EN PROSE<\/strong>\u00a0Automne hiver et l\u2019\u00e2ge de Pierre, calendrier filles du Calvaire, Balenciaga pr\u00eat-\u00e0-porter. La couture lier la sph\u00e8re c\u00e9leste, je n\u2019arrive pas \u00e0 me lever. \u00c0 \u00e9couter ce que tu dis. Pourquoi tu parles, qu\u2019est-ce que tu dis\u00a0? Temps de l\u2019Avent je suis d\u00e9fait, je passe mon temps sur FTV. Le d\u00e9fil\u00e9 est permanent, un h\u00e9ritage ce fut un temps. Les mannequins qui titubent, l\u2019unit\u00e9 signifiante. Pli\u00e9, froiss\u00e9, tendu. \u00c9piphanies et natures mortes, le style fran\u00e7ais je sais pas ce que c\u2019est. Les gens je sais pas qui c\u2019est, je n\u2019aime rien \u00e7a cr\u00e9e un vide. Livide. D\u00e9p\u00f4t de bilan je suis fini, un s\u00e9datif \u00e7a peut calmer. Une aide sociale \u00e7a peut aider. Services en ligne un formulaire, identit\u00e9 je coche les cases. CERFA c\u2019est fait, produire des normes. Se fixer dans les normes, il se peut qu\u2019aujourd\u2019hui. Vas-y. Porte ferm\u00e9e c\u2019est la mis\u00e8re, j\u2019habite une chambre rue de Paradis. Pourrie.\u00a0<em>Fin de partie<\/em>\u00a0ma seule sortie, c\u2019est au G20. Pouvoir atteindre on peut toujours, la main tendue dans les rayons. Et en sortant. Une cr\u00e9ature post-humaine qui me demande si j\u2019ai du feu et je dis non. J\u2019oublie un peu la question de l\u2019\u00eatre pour me concentrer sur le fait d\u2019avoir, plus tard dans la journ\u00e9e. Une livraison FedEx, une persistante obscurit\u00e9. Un gant noir en latex, m\u00e9canique du r\u00e9cit.\u00a0<em>L\u2019Empire des sens<\/em>, que j\u2019ai revu cette nuit. Un visage de madone, apr\u00e8s une fellation. Un \u0153uf dur dans la chatte, si un jour tu la baises. Strangulation je vais te tuer. Assez. La lumi\u00e8re bleue mon lit d\u00e9fait, et l\u2019\u0153il qui s\u2019est \u00e9teint. Quelques r\u00eaves agit\u00e9s, je veux faire l\u2019hypoth\u00e8se. Changer de vie il s\u2019av\u00e8re que, j\u2019habite une chambre rue de Paradis. Pourrie. Mal ventil\u00e9e contamin\u00e9e, et l\u2019asphyxie est engag\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u2019ABORD ET AVANT TOUT<\/strong>&nbsp;Lecture d\u2019Horace et par le livre. Une exp\u00e9rience v\u00e9cue, son p\u00e8re esclave fut affranchi. La lutte des classes la guerre des races. Je t\u2019en prie par les Dieux, et les vitraux de Sigmar Polke. Une qu\u00eate mystique un <em>fait divers<\/em>, un criminel une cour d\u2019assises. Quand t\u2019es jug\u00e9 premi\u00e8re instance, on y c\u00e9l\u00e8bre la v\u00e9rit\u00e9. Ce qui se tient dans la grammaire, ce qu\u2019ils ont \u00e0 dire jusqu\u2019\u00e0 la fin. Putr\u00e9faction c\u2019est visc\u00e9ral, mati\u00e8res visqueuses contrat social. Crochet anal depuis toujours, jusqu\u2019\u00e0 demain collier \u00e0 clous. Mati\u00e8res f\u00e9cales et l\u2019art vocal. Pointes de m\u00e9tal et \u00e0 genoux. Rapports sexuels d\u00e9lires sectaires, obsc\u00e9nit\u00e9s mal \u00e0 penser. Pas \u00e0 penser. Rien \u00e0 penser, formes textuelles. D\u00e9mocratie p\u00e8te le langage, la R\u00e9publique au bord des l\u00e8vres. Syntaxe et r\u00e9thorique, ceux qui punissent tout <em>vrai<\/em> langage. Agents de la peur et du chaos, les liens qui les unissent. L\u2019ennemi qu\u2019il faut frapper, tu le tiens par les dents. L\u2019homme \u00e0 soumettre et il s\u2019efface, c\u2019est transmissible et contagieux. Ceux qui vieillissent et ils se tassent. Un kit beaut\u00e9 de chez L\u2019Or\u00e9al, du fond de teint pour ta face. Question du corps et par l\u2019image, figures mythiques un footballeur, apr\u00e8s un match. Leo Messie seul dans sa suite qui prend une cuite \u00e0 la vodka, et qui appelle le room service. L\u2019existence du h\u00e9ros, le poids d\u2019une g\u00e9n\u00e9alogie. Les derniers jours de l\u2019occident, le divin C\u00e9sar qui porte un patch. D\u00e9tox. Fume des tarp\u00e9s dans sa villa, regarde les news et sur la Fox. R\u00e9engendr\u00e9 par le po\u00e8me, usage des mots pourquoi faut-il&nbsp;? Les \u0153uvres de Tino Sehgal vendues par transaction orale, un souffle articul\u00e9. Pens\u00e9e en acte avec Artaud, \u00ab&nbsp;la parole en marteau&nbsp;\u00bb. Anatomie furtive. La chair lisse expos\u00e9e, qui appelle la morsure. Strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture, l\u2019ar\u00eate vive du roman. Voix narrative et la praxis, th\u00e9oris\u00e9e par Aristote. Des ruptures syntaxiques et un essai philosophique. Une performance de Jean-Louis Costes, tape dans une balle avec Messi. Des filles en string dans les gradins, Costes et Messi sur le terrain. Dribbles fous d\u2019attaquants au pressing, transe hypnotique et ils vomissent. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>REPENTIRS ET AJOUTS<\/strong>&nbsp;Les T\u00e9tines Noires je suis la terre,&nbsp;<em>Les 12 t\u00eates mortes c\u2019est \u00e0 l\u2019eau forte<\/em>. Acide nitrique morsure directe.&nbsp;<em>Fauvisme et Pense-b\u00eate<\/em>, virus et roquettes. Chlorure ferrique&nbsp;et j\u2019ai la trique,&nbsp;<em>sang t\u00eate ni but<\/em>&nbsp;je suis ta pute. Regard qui ne voit rien, Samuel Beckett imaginez. Un jour ne suffit pas, pareil aux autres allons-nous en. On ne peut pas. Tirs de mortier des rages soudaines, un mercenaire la chair humaine. H\u00e9licopt\u00e8re Apache, acquisition de cible. Missiles air-sol tire et oublie. Il rase tout un quartier et il s\u2019arrache. Une performance glaciale, c\u2019est un \u00eatre agit\u00e9. Cette chose qui monte en lui, le texte qui s\u2019efface. Figure du narrateur, des traces \u00e0 peine visibles. Menaces fant\u00f4mes, la bulle sp\u00e9culative. Un hacker asthmatique, la pens\u00e9e catholique. Debout sur son clavier, pirate le Vatican. Toux s\u00e8che. Cheveux peroxyd\u00e9s, cybers\u00e9curit\u00e9. Le Seigneur \u00e0 la d\u00e9rive, 2.0&nbsp;ce qui arrive. La messe enti\u00e8re le sacrifice, l\u2019\u00e9pid\u00e9mie courroux divin. Liturgie du vaccin, le messager c\u2019est l\u2019ARN. La Bonne Nouvelle c\u2019est BioNTech, l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence est sanitaire. Et la Passion s\u00e9curitaire. Anti Covid et QR code, variant Delta la lumi\u00e8re grise. L\u2019ennui et le ralentissement, l\u2019apparition de la page blanche. Tout acte cr\u00e9ateur, localiser l\u2019ab\u00eeme. Qu\u2019est-ce que je peux faire&nbsp;? Tu te d\u00e9merdes. Ton existence&nbsp;je sais pas quoi faire. Acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par le&nbsp;<em>jump cut<\/em>, une sc\u00e8ne de baise dans un jardin. \u00c0 la fran\u00e7aise. Et une paire de baskets port\u00e9e par Kanye West, mise en vente chez Sotheby\u2019s. \u00c9go trip c\u2019est ton corps, et la peinture des morts. Une biographie ta pierre tombale, une pluie battante vaincre le mal. L\u2019homme et son th\u00e9\u00e2tre, et c\u2019est ainsi peut-\u00eatre. La Warzone du Hellfest, l\u2019incarnation du Fils. Son visage bl\u00eame. Les cerisiers de Damien Hirst, le&nbsp;<em>Double Fist<\/em>&nbsp;de Mapplethorpe. Anal et lubrifi\u00e9. L\u2019axe de sym\u00e9trie, deux mains dans le cul la veine aorte. Le sang pomp\u00e9 par le c\u0153ur, ce qu\u2019il y a de vif en toi. Respire. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>S\u00c9PAR\u00c9 EN PI\u00c8CES<\/strong>&nbsp;Le silence de l\u2019aube, l\u2019appartement dans la p\u00e9nombre. Donn\u00e9es mobiles, de la poussi\u00e8re sur le plancher. Les murs l\u00e9preux de la salle de bain, le matelas dans la chambre. Fen\u00eatre ouverte et sur la cour. Le chant des sir\u00e8nes qui s\u2019est \u00e9teint, tu fais du tri dans tes archives. \u00c9lectroniques. Strat\u00e9gie de sauvegarde et le verbe habiter. Le rire des Dieux, le monde comme fable. L\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et l\u2019abonnement au c\u00e2ble. Un homme en feu court dans la rue parce que tu regardes une s\u00e9rie de merde, sur ton PC. Les stores baiss\u00e9s. Amplitude esth\u00e9tique, offre soumise \u00e0 condition. Op\u00e9rateurs de sens, le bruit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une tombe. \u00c9nergie temps pass\u00e9 pens\u00e9 les yeux ouverts \u00e0 soi. Douleur qui veille, une d\u00e9pression chronique. Mourir au canap\u00e9, des motifs g\u00e9n\u00e9riques. Le corps dans sa pr\u00e9sence, le ciel qui frappe aux vitres. Un fauteuil d\u00e9fonc\u00e9 et des objets charg\u00e9s, de valeur symbolique. Des flots de paroles hallucin\u00e9es, la lecture des actualit\u00e9s. Affaires humaines, contemporaines, europ\u00e9ennes. Perspectives de carri\u00e8re, l\u2019\u00e9ternit\u00e9 avec des chips. Actes d\u2019\u00e9tat civil, failles de s\u00e9curit\u00e9. Une sensation de fin de soir\u00e9e, et une s\u00e9rie d\u2019autoportraits. Fr\u00e9quence cardiaque,&nbsp;<em>l\u2019art de la fuite<\/em>. Des lieux gard\u00e9s secrets, tu vas dans la cuisine. Vaisselle sale dans l\u2019\u00e9vier, tu te fais un caf\u00e9. La porte du voisin qui claque et une assiette de placenta. Dans le frigo. Des cris lointains, une attaque au couteau. D\u00e9chire-moi en morceaux, tu sais me faire pleurer. Jour dit du&nbsp;<em>D\u00e9passement de la Terre<\/em>, l\u2019humanit\u00e9&nbsp;<em>vit \u00e0 cr\u00e9dit<\/em>. Quelqu\u2019un dit je baise la dette, et la po\u00e9sie grecque. Des putains de po\u00e8tes, jamais nulle part&nbsp;<em>chez soi<\/em>. Sonnerie de l\u2019interphone, c\u2019est le livreur de Monoprix. La bouffe, une bo\u00eete de masques, un pack de Cristaline, la Terre qui porte l\u2019\u00e2me. Faits de langage, \u00e9tat des lieux. Un avoir-lieu, une \u00e9ch\u00e9ance. Une v\u00e9rit\u00e9 solide et simple, proc\u00e9dure planifi\u00e9e. La vie vers le&nbsp;<em>dehors<\/em>, une valise dans l\u2019entr\u00e9e. Quelques averses en fin de journ\u00e9e, de la pizza dans un carton. Froide. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>UN PASS\u00c9 SIMPLE<\/strong>&nbsp;Vierge rouge du Titien, dynamique ascendante. Approche verticale du syst\u00e8me de jeu, la preuve qu\u2019il y a un ciel. Attrait myst\u00e9rieux pour ce que le hasard fait avec les nuages, un ensemble qui demeure invisible. Les lois qui r\u00e9gissent l\u2019Univers, et l\u2019\u00e9v\u00e9nement le plus banal. Guillaume Dustan&nbsp;: ben l\u00e0 je filme la porte, c\u2019est pour montrer que c\u2019est tr\u00e8s joli. Et normalement \u00e7a fait pleurer. D\u00e9veloppements libres la vie r\u00eav\u00e9e, l\u2019avoir lieu et le presque tout. Le mot&nbsp;<em>bleu<\/em>&nbsp;de Bertrand Lavier, \u00e9crit en n\u00e9on vert. Et le mot&nbsp;<em>vert<\/em>&nbsp;en n\u00e9on bleu. B\u00e9atrice Dalle film\u00e9e par David Sims, et c\u2019est en noir et blanc. Collection FALL pour Saint Laurent, par Anthony Vaccarello. Tension m\u00e9taphysique, ce qu\u2019on entend c\u2019est le&nbsp;<em>Requiem<\/em>. De Mozart. B\u00e9atrice pleure, je bois une Tsingtao. L\u2019actrice s\u2019effondre, je me branle dans du foie de veau. \u00c9toiles scintillantes sur la flamme, \u00e9piphanies d\u2019instants perdus. Et ses yeux chavir\u00e9s. Drame charg\u00e9 d\u2019\u00e9motion, l\u2019origine du virus.&nbsp;<em>Pri\u00e8re pour demander \u00e0 Dieu le bon usage des maladies<\/em>, contamin\u00e9s donner un nom. De la Covid, encore de la Covid. La progression de l\u2019incidence, l\u2019exc\u00e8s de toute pr\u00e9sence. Spoutnik et Pfizer, le fracas d\u2019un orage. Des atteintes pulmonaires, entrer dans l\u2019agonie. Attente fi\u00e9vreuse, un diagnostic. Tourments d\u2019une existence r\u00e9elle, une exp\u00e9rience totale. Notes parasites, une premi\u00e8re page. Souffle coup\u00e9, mesures barri\u00e8re. Du fond du naufrage, la parole int\u00e9rieure. Longtemps de bonne heure, panoramique sur l\u2019horizon. Odyss\u00e9e fantastique, des n\u00e9nuphars dans la piscine. De Claude Monet. Paysages d\u2019eau, toujours de la Covid. Et les sculptures de Valentin Carron. Formes vernaculaires, successions ordonn\u00e9es. Br\u00fblante affirmation d\u2019humanit\u00e9, une v\u00e9rit\u00e9 factuelle&nbsp;: le texte que je lis va vers sa conclusion. Le mouvement accompli, \u00e9luder toute pr\u00e9sence. Et penser&nbsp;:&nbsp;<em>jusque-l\u00e0<\/em>. (Texte publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 14 de la revue Cockpit, septembre 2021) <\/p>\n\n\n\n<p><strong>GRAMMAIRE ET FICTION<\/strong>&nbsp;Une saison en enfer, un voyage immobile. Une lampe torche braqu\u00e9e sur une boule \u00e0 facettes par un vigile dans un mus\u00e9e, qui vient de se faire un trait. De coca\u00efne et souviens-toi. Le mur d\u00e9truit par la foule au marteau,&nbsp;<em>id\u00e9al<\/em>&nbsp;matriciel. D\u00e9senchantement apr\u00e8s la chute, lecture g\u00e9ographique. Verticale gravitaire, l\u2019\u00e9clat des immortels. Le&nbsp;<em>Paradis<\/em>&nbsp;de Tintoret, les grands d\u00e9fis contemporains. Le plan, le point, la ligne.&nbsp;Rapprochement d\u2019\u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, tout l\u2019ancien se d\u00e9verse. Ces mille derni\u00e8res ann\u00e9es, et le flux du prompteur. Diff\u00e9rentes avant-gardes, des questions strat\u00e9giques. Gestes plastiques, je me r\u00e9invente avec une bi\u00e8re. Un show de jeunes cr\u00e9ateurs dans la cour d\u2019une usine, d\u00e9saffect\u00e9e dans les Yvelines. Radical et domestiqu\u00e9. Les lieux privil\u00e9gi\u00e9s du conformisme, des conclusions d\u00e9finitives. Et le relev\u00e9 de ton compte bancaire. La culture populaire et les amph\u00e9tamines. Un d\u00eener au champagne, des carcasses de langoustes qui tra\u00eenent sur le parquet, chez le collectionneur. Jamais un coup de d\u00e9s et au sein m\u00eame de la&nbsp;<em>terreur<\/em>. Champ socio-culturel, assembl\u00e9es d\u2019actionnaires. Hasard de la constellation, m\u00e9diateurs culturels. Robert Rauschenberg qui efface un dessin de Willem de Kooning. Des prot\u00e9ines parfum vanille, et les sorciers du marketing. Rouages des syst\u00e8mes de domination et de contr\u00f4le, r\u00e9seaux de trafic d\u2019organes, file-moi ce putain de fric. Une offre lib\u00e9rale, des mouvements pr\u00e9visibles.&nbsp;Des migrants qui avancent sur une route des Hauts-de-France, peints par Claire Tabouret. Une nouvelle narration, se rendre \u00e0 la lumi\u00e8re. Une salle \u00e9clair\u00e9e au n\u00e9on, des objets rassembl\u00e9s. L\u2019\u00e9pave d\u2019une Maserati, des toiles de tentes de sans-abris. Le contenu d\u2019un sac aspirateur r\u00e9pandu sur le sol, un album de famille achet\u00e9 sur eBay. Le mot PROPRI\u00c9TAIRE grav\u00e9 dans le b\u00e9ton, en lettres capitales. Biens mat\u00e9riels, des outils conceptuels. Motifs constants de l\u2019\u0153uvre, l\u2019artiste avale un comprim\u00e9. De Mogadon. )Texte publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 17 de la revue Cockpit, janvier 2022) <\/p>\n\n\n\n<p><strong>LINGUISTIQUE ASSOCI\u00c9S<\/strong>\u00a0Ici comme ailleurs. C\u00e9l\u00e9brations fastueuses, unit\u00e9s syntaxiques. Ce qui est partout\u00a0<em>communiqu\u00e9<\/em>. D\u00e9bordements soudains, irr\u00e9ductibles \u00e0 un discours. L\u2019\u00e9criture fragmentaire, un plafond en acier. Des natures mortes, des fleurs fan\u00e9es. Tout \u00e9l\u00e9ment reli\u00e9 \u00e0 l\u2019autre, la puissance de l\u2019espoir r\u00e9volutionnaire. R\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant. Un coach sportif d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, soumis \u00e0 l\u2019encha\u00eenement des causes. La fuite du temps par Urs\u00a0Fischer, et les anges noirs dans la poussi\u00e8re. Singularit\u00e9 f\u00e9conde, contre l\u2019empire de la n\u00e9cessit\u00e9. Les sculptures en glace d\u2019Olivier Mosset, qui fondent. Reconfiguration incessante des positions, la Terre au centre, le coup d\u2019envoi. Action offensive, \u00e9largir le jeu, repiquer dans l\u2019axe. Obligation de recevoir le ballon dos au but et de marquer sur le retournement. Frappe sans contr\u00f4le, faire trembler les filets. Avec des mots. Le temps additionnel, soumis \u00e0 un destin fatal. \u0152uvres compl\u00e8tes, si tu \u00e9coutes l\u2019\u00e9poque.\u00a0Ach\u00e8te. L\u2019art livr\u00e9 dans des bo\u00eetes en carton, pour 200 balles t\u2019as un Buren. Pr\u00e9servatifs Jenny Holzer, de\u00a0<em>Shit.Must.Stop<\/em>\u00a0\u00e0\u00a0<em>Much.More.Shit<\/em>. Notre robot vous a choisi de mani\u00e8re al\u00e9atoire comme possible gagnant exclusif, avec le vide les pleins pouvoirs. \u00c9v\u00e9nement d\u00e9cisif, les cendres du linceul.\u00a0<em>The Paper Bride<\/em>\u00a0c\u2019est Poni\u00a0Hoax, Nicolas Ker fait un crash-test. Alcoolisme et antid\u00e9presseurs, des visages \u00e9vanouis. Baudelaire sur un T-Max, Rimbaud perch\u00e9 tout son espace. Pr\u00eatresses baroques soir\u00e9e Gucci, spot de mythos PassNavigo. Une collection capsule, le vestiaire id\u00e9al. T-shirt \u00e0 motif cr\u00e2ne, Pierre Paul Rubens au mus\u00e9e du Prado. Le d\u00e9mon vaincu par l\u2019\u00e9p\u00e9e, un vieillard nu qui tremble au lit. Voil\u00e0. Totems, croyances et kit mains-libres. Ce qui advient par le verbe, faire des selfies avec les morts. D\u00e9fonc\u00e9 \u00e0 Barb\u00e8s, perdu au Grand H\u00f4tel. M\u00e9diation de la forme, et les crypto-monnaies. N\u2019importe quelle merde de Disney Channel et les jambes nues de Naomi Campbell. Mascara waterproof et elle se rase la touffe. Dressings d\u00e9confin\u00e9s, les rimes les plus pourries. Maillot Kawasaki, de fun\u00e8bres affects. Des soutiens-gorge en strass, ta m\u00e8re \u00e0 la ramasse. Quoi\u00a0? Je m\u2019en bats les couilles de ta story, je mate du porno dans un taxi. \u00c9pop\u00e9e inactuelle, le canal historique. L\u2019\u00e9ternit\u00e9 ne change, vitalit\u00e9 divine. Giotto \u00e7a me rend chr\u00e9tien. Pour h\u00e9ritage nulle d\u00e9cadence, une robe de viande une seule image. Le vers s\u2019efface et j\u2019ai mille ans. (Texte publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 16 de la revue Cockpit, d\u00e9cembre 2021) <\/p>\n\n\n\n<p><strong>UNE EXP\u00c9RIENCE ONTOLOGIQUE<\/strong>&nbsp;L\u2019incertitude et la n\u00e9cessit\u00e9, \u00e7a part en couille et j\u2019ai la dalle. Slurper les nouilles, je les avale. Udon et ramen, fortune et bapt\u00e8me. Le sacrement premier, le pape Fran\u00e7ois devant un mur blanc, photographi\u00e9 par Richardson. \u00c9clairs du flash, Terry s\u2019arrache. Fran\u00e7ois soul\u00e8ve sa tiare, la posture est cass\u00e9e. Des vertiges exalt\u00e9s, d\u00e9voiler le myst\u00e8re. Et ce dont j\u2019ai r\u00eav\u00e9. La voix du fils, son suicide au Destop. Le corps \u00e0 vif, la ligne pop. La seule couronne qu\u2019il a port\u00e9e, c\u2019est celle perl\u00e9e du gland. Mon cher Satan, la gr\u00e2ce divine. Tableaux violents, le roi du lieu. Li\u00e9 \u00e0 son tr\u00f4ne. Une affaire de famille, nouvelles \u00e2mes de damn\u00e9s. Le p\u00e8re assassin\u00e9, son carnet de sant\u00e9. Les os perc\u00e9s par une visseuse dans un hangar \u00e0 Villetaneuse. Oublie. Un \u00e9cran accroch\u00e9 en hauteur dans un bar, et dans l\u2019angle d\u2019un mur. Ce \u00ab&nbsp;beau coin&nbsp;\u00bb o\u00f9 les ic\u00f4nes sont expos\u00e9es chez les paysans russes. Le feu du ciel, tu te d\u00e9vores le foie. Dieu polychrome, gouvern\u00e9 par la loi. Des cultes collectifs et le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9. R\u00e9miniscence d\u2019un d\u00e9j\u00e0-vu, les Talibans sont \u00e0 Kaboul. Des canettes de Red Bull, le premier chant de&nbsp;<em>Paradis<\/em>.&nbsp;<em>M\u2019\u00e9lever par ta lumi\u00e8re<\/em>, ce que cela signifie. Les pr\u00eatres et leurs f\u00e9tiches, les autels d\u00e9class\u00e9s. Les \u00e9difices sacr\u00e9s, et les princes associ\u00e9s. R\u00e9alit\u00e9s virtuelles. F\u00eates archa\u00efques, et l\u2019unit\u00e9 cosmique. L\u2019\u0153uvre du Christ par repentance, la danse qu\u2019il organise. Mobilier liturgique, toutes les choses sur la terre. Le groupe Wagner, d\u00e9ploy\u00e9 en Afrique. Matraques t\u00e9lescopiques, embrouilles th\u00e9ologiques. Un ap\u00f4tre gothique, badass dans une chapelle. Agenouill\u00e9 sur un prie-dieu, en jogging Adidas. \u00c0 bandes r\u00e9fl\u00e9chissantes. Pri\u00e8re. Une infection chronique et des barbus sur des pick-ups. Arm\u00e9s. Une pr\u00e9sence mal\u00e9fique, l\u2019instinct du pr\u00e9dateur. Toute esp\u00e9rance et c\u2019est f\u00e9roce, mais peut-\u00eatre demain. Votre signe, prot\u00e9g\u00e9 par les astres, \u00e9chappe aux microbes et aux bact\u00e9ries. Un ange qui veille et je respire. L\u2019adieu au monde et c\u2019est l\u2019enfer, Rimbaud qui br\u00fble bien comme il faut. Et je m\u2019offre au soleil. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00c9SURES ET SYNCOPES<\/strong>&nbsp;Syst\u00e8me d\u2019information, reconnaissance faciale. Intelligence artificielle, comportement des citoyens. Not\u00e9s. Cr\u00e9dit social individuel, collecte des donn\u00e9es. Exponentielle. Sac commando de 120 litres, et apprendre \u00e0 courir. Limite extr\u00eame du d\u00e9chirement, le poids de ce qu\u2019il faut&nbsp;<em>consentir<\/em>. P\u00e9nalit\u00e9s, valeurs&nbsp;<em>actuelles<\/em>. Strat\u00e9gies de r\u00e9sistance, le vide r\u00e9alis\u00e9. Antoine d\u2019Agata en slip debout le long d\u2019une voie ferr\u00e9e, et qui rafale un TGV. Qui passe.&nbsp;<em>Pas d\u2019esprit pur ni de bien en soi<\/em>, le ciel soudain ferm\u00e9. L\u2019individu interpell\u00e9, les donn\u00e9es du r\u00e9cit. Fusil d\u2019assaut et mode d\u2019emploi. Chaos rampant, toute trace d\u2019humanit\u00e9. Squelette de mains et avant-bras en bois de cerf sculpt\u00e9, des menottes aux poignets. Champ s\u00e9mantique id\u00e9ologique, r\u00e9alit\u00e9 conqu\u00e9rante du verbe. Le dispara\u00eetre, et la r\u00e9solution finale. Je suis le gar\u00e7on possesseur du don de se rendre invisible, \u00e9crit Joyce dans&nbsp;<em>Ulysse<\/em>. Unit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre, qui a pour centre sa&nbsp;<em>possibilit\u00e9<\/em>. D\u00e9pouiller l\u2019\u0153uvre, le point aveugle. L\u2019indice du PIB, des camisoles chimiques. Prescriptions de neuroleptiques, jets de gaz lacrymog\u00e8nes. Des rires f\u00e9roces, des vomissements chroniques. La fureur populaire, l\u2019actualit\u00e9 en continu. Donn\u00e9es de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle,&nbsp;<em>La Nouvelle Babylone<\/em>. Foules de manifestants, civi\u00e8res ensanglant\u00e9es. Des savoirs militants, des actions collectives. Effets de d\u00e9bordement et de saturation, le retour de la sid\u00e9ration. Un m\u00e9cr\u00e9ant qui se fait d\u00e9capiter, une fusillade sur les Champs-\u00c9lys\u00e9es. Attaques coordonn\u00e9es, couverture m\u00e9diatique. Dessins d\u2019Andrea Mantegna, territoires d\u00e9grad\u00e9s. Un sous-pr\u00e9fet en combinaison st\u00e9rile qui visite un commissariat. Des d\u00e9p\u00f4ts de plaintes, des rapports de police. La partition fran\u00e7aise, corps fragment\u00e9s sur les cimaises. Le p\u00e9rim\u00e8tre de l\u2019autorit\u00e9, l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 des orifices. Haleines f\u00e9tides, l\u00e8vres du gouffre. Tampons ensanglant\u00e9s, actions de gu\u00e9rilla. Une bouteille de Mezcal, je mange un animal. S\u2019achever dans le coma, \u00e9vanouissement lucide. Short argent\u00e9 sur les chevilles. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>LES TEMPS ET LES FINS<\/strong>&nbsp;Caravage sur la route de Rome, de grands chiens blancs \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Plong\u00e9s dans l\u2019ombre noire. Itin\u00e9raire du peintre, coupable d\u2019homicide. Le r\u00e9el \u00e0 coups de lame, d\u00e9collation de saint Jean-Baptiste. Au c\u0153ur de l\u2019exposition, des barri\u00e8res de m\u00e9tal. Les formes qui dominent, le squelette d\u2019un serpent. Une dose de speed, bestiaire hybride. Une t\u00eate de singe le cr\u00e2ne ouvert, cuill\u00e8re plant\u00e9e dans la cervelle et des sneakers en c\u00e9ramique. L\u2019\u00e9lection de l\u2019objet, les puissances symboliques. Mosa\u00efques m\u00e9di\u00e9vales, des promesses lumineuses. Un \u00e9cran de smartphone pass\u00e9 \u00e0 la broyeuse, il y a donc quelque chose. M\u00e9tamorphose. La vente du premier SMS de l\u2019Histoire, et des questions existentielles. Femme nue au canap\u00e9, qui fume une cigarette. Les jambes ouvertes, et l\u2019\u0153uvre avait pour titre&nbsp;:&nbsp;&nbsp;<em>Le vagin de ma m\u00e8re<\/em>, num\u00e9ro&nbsp;320. Acrylique sur papier, l\u2019artiste qui donne une interview. Toujours le m\u00eame format dit-il, c\u2019est peint d\u2019apr\u00e8s photo. \u00c0 la mani\u00e8re de Gustave Courbet. Puissances de la r\u00e9p\u00e9tition, sa m\u00e8re est enferm\u00e9e. En psychiatrie. Catalogue raisonn\u00e9, un livre inachev\u00e9. Une empreinte de surface, l\u2019art n\u2019a de sens que la pratique. L\u2019accueil de la critique, le silence du mus\u00e9e. Des th\u00e8mes universels et des pulsions sexuelles. Des fruits phalliques,&nbsp;des femmes-g\u00e9nisses. L\u2019\u00e9paisseur de la toile et la&nbsp;<em>reproduction<\/em>. Des magazines de mode et un m\u00e9decin l\u00e9giste. Table de dissection, drainage des r\u00e9sidus. Le poids des organes et la disparition. Images d\u2019une autopsie, la vie se manifeste. D\u00e9pouille et vanit\u00e9, l\u2019installation est in\u00e9dite. Iconographie des mat\u00e9riaux, nous sommes au c\u0153ur du processus. Viktor Orb\u00e1n qui mange un f\u0153tus, c\u2019est en r\u00e9sine polyester. Tradition sculpturale, un repas cannibale. Socles classiques,&nbsp;<em>Brandt sur Haffner<\/em>. Un frigo sur un coffre-fort. \u00c9v\u00e9nement s\u00e9minal, l\u2019obsession qui r\u00e9git. La condition humaine, et une certaine m\u00e9lancolie. Sautez dans l\u2019urinoir pour y chercher de l\u2019or, je suis vivant et vous \u00eates morts.&nbsp;Et c\u2019est sign\u00e9 Philip&nbsp;K.&nbsp;Dick.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>INSTANTAN\u00c9 EN PROSE<\/strong> Jour d\u2019Ar\u00e8s, dieu de la guerre offensive et de la destruction. Fi\u00e8vre des actions projet\u00e9es, le r\u00e9cit en avance sur la vie. Les danses qu\u2019on ex\u00e9cute, la place qui est la mienne. Et je suis \u00e0 Paris. Kimono oversize ouvert, ma bite dans une cage de chastet\u00e9. Acier inoxydable, de l\u2019enthousiasme pour le pr\u00e9sent. Et celle qui a la cl\u00e9. Sc\u00e8ne d\u2019int\u00e9rieur, je vais \u00e0 la fen\u00eatre. Soleil tout feu, joies \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. L\u2019ombre \u00e0 l\u2019angle d\u2019un mur, acharnement vital. L\u2019azur voil\u00e9, le triomphe du pervers. F\u00e9tiche et tabou, h\u00e9moglobine et k\u00e9ros\u00e8ne. L\u2019invasion de l\u2019Ukraine, la gen\u00e8se du conflit. L\u2019individu hypermoderne et ses pathologies. Le si\u00e8ge de Kiev et le printemps qui vient. Fresque cr\u00e9pusculaire, l\u2019analyse des experts. Des flammes sur le bitume, l\u2019horizon qui p\u00e2lit. Le tee-shirt vert kaki de Volodymyr Zelensky, visage marqu\u00e9 par la fatigue. La vapeur rose sur la cr\u00eate des collines, la froide parano\u00efa de Vladimir Poutine. Enjeux de pr\u00e9dation, les orgues de Staline. Quelques r\u00e9cits intimes, des \u00e9clairs dans la nuit. Le ma\u00eetre du tonnerre et le passeur des \u00e2mes. <em>La S\u00e9quence de la fleur de papier<\/em> de Pier Paolo Pasolini. L\u2019horreur du monde et le fracas des bombes. Une soci\u00e9t\u00e9 malade, j\u2019\u00e9coute un set de Black Midi. Apocalypse zombie, le rebond de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Les \u0153uvres de Morgan Courtois, l\u2019exposition \u00ab&nbsp;D\u00e9charge&nbsp;\u00bb. Des lys et des iris dans des vases de fortune. Des chemises qui tra\u00eenent au sol, de l\u2019eau et du shampoing. Des verres abandonn\u00e9s, ceux qui habitent les caves. Immeubles \u00e9ventr\u00e9s, rideaux de noire fum\u00e9e. Fragments de corps humains dans des globes de cristal. Trois millions de r\u00e9fugi\u00e9s, des nuages de mots-cl\u00e9s. Sur les routes de l\u2019exil. Souverainet\u00e9 et soumission, le point sur la <em>situation<\/em>. De la sueur et du gaz. Du p\u00e9trole et du bl\u00e9. Trajectoire nominale, la menace nucl\u00e9aire. Missile intercontinental, des envol\u00e9es lyriques. Des armes tactiques et des plantes parasites. <em>Botanique po\u00e9tique<\/em>, failles de s\u00e9curit\u00e9. Une femme coup\u00e9e en deux par un tir de roquette, la faire fleurir en terre. Un homme allong\u00e9 sur un lit d&#8217;h\u00f4pital, on lui promet <em>une<\/em> <em>bonne proth\u00e8se<\/em>. Membre fant\u00f4me et champ visuel. Des herbes folles, des trous d\u2019obus. Les fleurs que j\u2019aime, des chiens sauvages. Qui errent dans les d\u00e9bris. L&#8217;iris jaune des rivi\u00e8res, des souvenirs lointains. Des tas de pierre et l\u2019aube lev\u00e9e. Ellipse temporelle, un futur imm\u00e9diat. Reconstruction de la cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p> <\/p>\n\n\n\n<p><strong>LE VERBE ET LA CHAIR<\/strong>&nbsp;P\u00e9rip\u00e9ties d\u2019Ulysse, preneur de Troie. Un chant s\u2019\u00e9l\u00e8ve, soleils lav\u00e9s. Le bouquet satellite, apr\u00e8s l\u2019<em>Iliade<\/em>&nbsp;et l\u2019<em>Odyss\u00e9e<\/em>. J\u2019aime tous les hommes qui plongent, une brune piquante suce un hardeur bronz\u00e9. \u00c9jac faciale, la mort qui r\u00f4de. Dans 2000 ans que reste-t-il&nbsp;? De rares vestiges, les temps anciens. Les dieux pulv\u00e9ris\u00e9s, la puissance des empires. Le parchemin tir\u00e9 de la peau d\u2019un animal. Objets f\u00e9tiches, mus\u00e9es virtuels. Un ballon de la Coupe du Monde de football 1998 sign\u00e9 par Zin\u00e9dine Zidane. Une perc\u00e9e architecturale de Gordon Matta-Clark, un piano peint de Bertrand Lavier. Cass\u00e9. Lancer des contre-attaques, Sisyphe fut condamn\u00e9. Se projeter vers l\u2019avant, une perception horizontale. Playlist de Black Metal, le mart\u00e8lement des riffs. Des villes saintes, des cit\u00e9s disparues. Une esth\u00e9tique monumentale, de pr\u00e9cieux manuscrits. Des langues nouvelles, j\u2019ai un verre \u00e0 la main. Une soir\u00e9e dans l\u2019espace, le clone de Thomas Bangalter. Privatise le rooftop d\u2019une navette affr\u00e9t\u00e9e par Chanel. Un trip spatial psych\u00e9d\u00e9lique, et des mannequins sur le podium. Casqu\u00e9s. La fashion week et l\u2019art antique. Guy-Manuel de Homem-Christo fume un Montecristo, et Apollon envoie la peste. Figures drap\u00e9es, des corps sauvages. Terreurs funestes. Offrandes rituelles, des fruits \u00e9tranges. Un homme \u00e0 t\u00eate de chien, pench\u00e9 sur sa b\u00e9quille. Des fins ultimes, une pand\u00e9mie. Des substances illicites, des agents infectieux. Des sarcophages envoy\u00e9s sur la lune. D\u2019obscures r\u00e9voltes, porter ses masques. D\u00e9tourner le regard, se tenir \u00e0 distance. L\u2019air respir\u00e9 jadis, l\u2019analyse des donn\u00e9es. Le mur de Planck l\u2019instant z\u00e9ro et Kylian Mbapp\u00e9, en couverture de&nbsp;<em>Num\u00e9ro<\/em>. Si\u00e8cles obscurs, \u00e9tat des lieux. Une femme vaguement d\u00e9fonc\u00e9e qui l\u00e8che les emballages de produits alimentaires dans un hypermarch\u00e9, et qui se pisse dessus. Un syst\u00e8me rationnel, une th\u00e9orie de gravit\u00e9. Quantique. Toi tu prends la lumi\u00e8re, comme une photo de Juergen Teller. (Texte publi\u00e9 dans le num\u00e9ro 11 de la revue Cockpit, avril 2021) <\/p>\n\n\n\n<p><strong>UNE FANTAISIE \u00c9PIQUE<\/strong>&nbsp;Des h\u00e9ros ordinaires, le r\u00e9cit en puissance. Statues antiques d\u00e9capit\u00e9es, assignation \u00e0 r\u00e9sidence. Les dimensions de la cellule et la hauteur des murs. Des points de deal, la guerre des stups. Coup de feu qui claque, un gar\u00e7on qui s\u2019\u00e9croule. Une balle dans la t\u00eate c\u2019est cash, les gyrophares \u00e9clairent par flashes, toute la sc\u00e9nographie. Effets psychoactifs, rue du Faubourd Saint-Denis. Couleurs qui clashent. Des mecs qui vivent dans leur bagnole, des odeurs de charogne. Fouillent les bennes des supermarch\u00e9s, se nourrissent de produits p\u00e9rim\u00e9s. D\u00e9sinfection des conteneurs, monographie \u00e0 l\u2019eau de javel. L\u2019angoisse d\u2019une effrayante&nbsp;<em>normalit\u00e9<\/em>, la raison pour laquelle. Pline l\u2019Ancien chez Jeannette, un beat de rap dans une audi&nbsp;R8. Pens\u00e9es morbides, je chante aussi. Faune interlope je suis une lope, Pieter Brueghel bouffe un kebab. L\u2019enfer c\u2019est dans le bas du tableau, la pluie r\u00e9elle c\u2019est sur Paris. D\u00e9pouilles vid\u00e9es de leur squelette, qui gisent sur la chauss\u00e9e. Sculptures sociales, l\u2019\u0153il du pouvoir. Une infection qui tra\u00eene, des r\u00e9voltes qui grondent. Les tropismes habituels, le regard domestiqu\u00e9. Seul le toucher la main pos\u00e9e rapproche \u00e0 toucher le tangible. Puissances de lib\u00e9ration, mutualit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes. R\u00e9sidus de chiotte hypermoderne, protocoles de mutilation. Incisions cutan\u00e9es, pulsions incontr\u00f4l\u00e9es. L\u2019individu&nbsp;<em>en marge<\/em>, d\u00e9p\u00f4t de la fiction. Je suis Patricia Arquette, je suis Renee Madison la brune glaciale de&nbsp;<em>Lost Highway<\/em>. Je suis la blonde explosive, l\u2019actrice porno je suis furtive. Je suis la mari\u00e9e de la nuit de Quentin Tarantino, le sabre forg\u00e9 par Hattori Hanzo. Tomb\u00e9e des corps, Uma Thurmann c\u2019est la Kiddo.&nbsp;<em>Kick Ass Baby<\/em>,&nbsp;<em>Call Of Duty<\/em>&nbsp;jeux vid\u00e9os,&nbsp;<em>Blackstar<\/em>&nbsp;Bowie comme un \u00e9cho. L\u2019obscurit\u00e9 je vois, le souffle court, le temps qu\u2019il fait. Ce que j\u2019entends voix qui s\u2019affolent. Mon horoscope dans le Parisien, le futur est servi. Cancer 21 juin, faut que je parle \u00e0 quelqu\u2019un. Gouvern\u00e9 par Mercure. V\u00e9rit\u00e9 attendue, je ne veux plus de pens\u00e9e. Dormir, peut-\u00eatre. Mater le premier Rambo, d\u00e9chir\u00e9 \u00e0 la colle. Les yeux ferm\u00e9s, merci Rimbaud. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA PAROLE EN EXC\u00c8S<\/strong>&nbsp;Faire-part de deuil, ce qui a disparu. Les traces de l\u2019ancien monde, dans le silence des mus\u00e9es. Les rideaux de perles de F\u00e9lix Gonzalez-Torres, que plus rien n\u2019animait. Personne pour en franchir les seuils, plus aucune vibration. Ce qui engendre des passages, la d\u00e9chirure des foules. De noirs silences, au terme du voyage. Des tableaux sur les murs, rendus \u00e0 la poussi\u00e8re. Alexander McQueen dans les pages de Vanity Fair, ses pieds vivants sur le sol de l\u2019Enfer. Grammaire visuelle, un cabinet de curiosit\u00e9s. Des poup\u00e9es d\u00e9membr\u00e9es, des cr\u00e9atures ensanglant\u00e9es. La plaie gratt\u00e9e \u00e0 l\u2019os, la&nbsp;<em>Divine Com\u00e9die<\/em>. L\u2019Amour qui meut le soleil et les \u00e9toiles, au centre de toute vie. Des choses soudaines, des \u00e9nonc\u00e9s qui les font advenir. Litt\u00e9rature et soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 une heure incertaine. La graisse humaine, des escarpins en cuir bross\u00e9. Fashion-week de Milan, bande-son du d\u00e9fil\u00e9 Prada. Tracks in\u00e9dits de Plastikman, dans le vif affut\u00e9. Le visible en surr\u00e9gime, mains gant\u00e9es des mannequins. Pr\u00e9sences tapies dans l\u2019ombre, une garde-robe post-pand\u00e9mie. \u00c9l\u00e9gance radicale, traverser des pi\u00e8ces vides. Architecture de Rem Koolhaas, une d\u00e9esse magn\u00e9tique. Qui passe. Faire l\u2019exp\u00e9rience du temps et de l\u2019espace. Marcher dans la couleur et sur d\u2019\u00e9pais tapis. Vivre dans l\u2019<em>inhabit\u00e9<\/em>, comme un cercle id\u00e9al. Coexistence des cadres, un danseur qui s\u2019\u00e9lance. Merce Cunningham et la pr\u00e9carit\u00e9. Territoires d\u00e9frich\u00e9s, aust\u00e9rit\u00e9 g\u00e9om\u00e9trique. La logique du hasard et les donn\u00e9es du chronom\u00e8tre. Perception de l\u2019Histoire, les porteurs de valises. Des inqui\u00e9tudes \u00e9tranges, l\u2019\u00e9nergie du langage. Ce qu\u2019il tente de&nbsp;<em>dessiner<\/em>. Quels moyens mettre en \u0153uvre, la pente du th\u00e9matique. Les discours dominants, des objets pol\u00e9miques. Des enjeux politiques. Les Dieux ne parlent pas, je cite Nicolas Ker. Mais comment les entendre&nbsp;? Fi\u00e8vre constante, jugement contre les hommes. R\u00e9currence du motif, o\u00f9 \u00e9tais-tu quand j\u2019ai fond\u00e9 la Terre&nbsp;? Charges du procureur, potentiel dramatique. Les minutes du proc\u00e8s, les pages blanches d\u2019un cahier. Le vers po\u00e9tique fran\u00e7ais, des odeurs de cadavre. Une violence singuli\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>TERMES DE L\u2019\u00c9NONC\u00c9<\/strong>&nbsp;Soleil tout feu, chaque jour qui passe. D\u00e9pressions estivales, voix qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent des plages. Menaces de contamination, et les fleurs de l\u2019\u00e9t\u00e9. L\u2019immense chantier de vivre, remettre une couche de masques. Le sch\u00e9ma vaccinal, la premi\u00e8re injection. Pass sanitaire,&nbsp;<em>Baigneuse couch\u00e9e au bord de la mer<\/em>. Des vagues nerveuses, un pack de bi\u00e8re. La t\u00eate dans l\u2019eau, \u00e0 m\u00eame l\u2019image. Une vacance vive, le soir venu. D\u00eener \u00e0 Cannes et il me faut. Un Doliprane. Pulsions sensibles et sauce piquante, piments oiseau j\u2019ai donc pens\u00e9. Plastique et pathos. Covid et l\u00f3gos. Identification m\u00e9diatique de la maladie, des syndromes de d\u00e9tresse. Flux continu, je fixe une ampoule nue. Th\u00e9ologie du coronavirus, posez les mains sur les \u00e9crans. S\u00e9ance de gu\u00e9rison, cercles \u00e9vang\u00e9liques. Expulser le d\u00e9mon, est entr\u00e9 dans nos vies. Ambiances surexpos\u00e9es, des machines carc\u00e9rales. Appareil g\u00e9nital, l\u2019empreinte de nos activit\u00e9s. Amours \u00e9pileptiques, missions en int\u00e9rim. Un ministre effondr\u00e9, qui passe au maquillage. Futur prochain pr\u00e9sent, lumi\u00e8re couleur de gaze. Frissons et c\u00e9phal\u00e9es, pouss\u00e9e de fi\u00e8vre et peur panique. Orage inflammatoire, compression thoracique. Le ministre est plac\u00e9 sous assistance respiratoire. Exp\u00e9rience immersive, des solutions cliniques. Le code patient, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il s\u2019\u00e9teigne. Toilette mortuaire, tableau vivant. Du sang de survivant en vente sur le Dark Web, la bande passante est satur\u00e9e. Programme d\u00e9tox,&nbsp;<em>volont\u00e9 de puissance<\/em>. Se tenir au mileu des choses, la texture de la prose. Des fictions conceptuelles, le style contemporain. Un match de boxe dans un club de strip-tease, c\u2019est sign\u00e9 Anne Imhof. Et l\u2019imminence d\u2019une catastrophe. Un f\u00e9tichiste du latex en combinaison m\u00e9dicale qui br\u00fble des cierges dans une \u00e9glise, et une poup\u00e9e en silicone achet\u00e9e sur Amazon. \u00c0 l\u2019effigie de Lady Di. Des aides-soignants qui torchent des culs dans les Ehpad, v\u00eatus de sacs-poubelles. Lunes p\u00e2les. Mythologies complexes, miroir de cendres et&nbsp;<em>memento mori<\/em>. Ici tu vas plus loin. L\u2019\u00eatre expos\u00e9 contraintes sociales, jusqu\u2019au final ta pierre tombale. La respiration qui retourne \u00e0 Dieu, c\u2019est Antonin Artaud. L\u2019animal po\u00e9tique, c\u2019est son dernier tableau. Mener un corps la pompe fun\u00e8bre, et l\u2019\u00e9crivain dans son cercueil. Habill\u00e9 par Fendi. Un suaire en fripes superpos\u00e9es, des mocassins en cuir vernis. Vas-y M\u00f4mo. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>MAINTENANT \u00c9COUTE<\/strong>&nbsp;Confinement politique, oppositions binaires. Des lieux d\u00e9saffect\u00e9s, toute forme d\u2019utopie. Le mot de passe du Wifi, quelques joies \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Des chants \u00e9nigmatiques et des couleurs toxiques. Vert nucl\u00e9aire, divinit\u00e9 pa\u00efennes. Un dossier th\u00e9matique, t\u00e9tanie musculaire. Les signes d\u2019une \u00e9poque et des loups solitaires. Des lames d\u2019acier, des vocations totalitaires. Les tours que l\u2019on \u00e9rige et les murs que l\u2019on dresse. Le carnage ordinaire et l\u2019<em>esp\u00e9rance<\/em>&nbsp;de vie. Par toi je change l\u2019or en fer et le paradis en enfer, il a \u00e9crit Baudelaire. Les drogues et la pharmacop\u00e9e, l\u2019expression exigeante de ce qu\u2019il faut accomplir. Gel hydroalcoolique, nature morte en grisaille. Un mec se branle au Grand Amour, il est midi un jour d\u2019hiver. Champ s\u00e9mantique et il s\u2019astique, main sur la bite et en direct. Sur Internet. Les tentations de la Chair et la noirceur du Mal. La br\u00fblure int\u00e9rieure, nous frappons \u00e0 l\u2019aveugle. Au c\u0153ur de la biblioth\u00e8que, les all\u00e9es du cimeti\u00e8re. Une \u00e9pitaphe sur une dalle fun\u00e9raire. Toute&nbsp;<em>d\u00e9composition<\/em>, le processus de cr\u00e9ation. Liens constants avec le pass\u00e9, des influences bien ordonn\u00e9es. Des positions acad\u00e9miques, des placements mon\u00e9taires. Vertige obsc\u00e8ne des apparences et du pouvoir, vide br\u00fblant de la gloire. Le temps d\u2019Hom\u00e8re, vous ferez donc un r\u00e9cit. D\u2019accord. Figures majeures de la pens\u00e9e antique, des tueurs qui chassent, une \u00e9pop\u00e9e. Findus. Situations les plus fig\u00e9es, c\u2019est une nuit sans \u00e9toiles. Traverser un parking, arracher ses piercings. Les lois physiques, une mise \u00e0 nu. Une \u00e9criture des corps, retrouv\u00e9s dans la danse. Une mise en mouvement, achev\u00e9e dans la transe. Putain de merde, chacun se place. Et se d\u00e9place. Chacun se blesse. Chor\u00e9graphie, chacun sa trace. Geste du calligraphe et me voici, pour ainsi dire. Un chien en laisse, je n\u2019\u00e9cris rien. Le texte en voix. Vitale, esth\u00e9tique, \u00e9rotik, r\u00e9sistance (r\u00e9p\u00e9ter plusieurs fois). <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Erotik R\u00e9sistance est un ensemble de textes \u2014 dont certains sont publi\u00e9s dans la revue de cr\u00e9ation Cockpit \u2014 qui feront l\u2019objet de lectures musicales (dur\u00e9e une heure), avec Laurent Friquet \u00e0 la guitare. Ces textes font partie d\u2019un recueil qui sera intitul\u00e9 L\u2019\u00c9ternit\u00e9 avec des chips (prose po\u00e9tique, work in progress). 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